Le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, s’est adressé aux médias hier pour se plaindre du fait que le Collège est pointé du doigt comme unique responsable du problème des médecins étrangers au Québec. Selon lui les universités et le ministère de la santé ont aussi leur part de responsabilité. Il n’a pas tord, mais c’est aussi une façon de passer la patate chaude aux autres intervenants dans le système de santé. On va jouer un peu.
Pour débuter le jeu, nous remettons d’abord la patate aux universités. Au moment où il y a une pénurie de médecins et que l’on sait qu’elle va s’aggraver au cours des prochaines années, elles n’ont admis que 71 des 150 médecins étrangers qui ont postulés comme médecins résidents. Il y a même des postes vacants qui n’ont pas été comblés. Je comprends que la formation des médecins, le système de santé et les technologies utilisées, ne sont pas les mêmes partout dans le monde, mais je ne peux pas croire qu’un médecin étranger ne puisse pas au moins devenir un médecin de base, soit un médecin généraliste comme les médecins de famille auxquels une grande partie de la population n’a pas accès actuellement à cause de la pénurie. On peut gager sans se tromper beaucoup qu’il y a contingentement tout simplement parce que les universités n’ont pas les moyens d’en admettre plus. Pourtant, c’est grâce à ces postes de résident que les médecins étrangers peuvent compléter leur formation et apprendre les spécificités du système québécois.
Les universités lancent la patate chaude au Collège des médecins qui se défend de ne pas pouvoir admettre plus de médecins étrangers parce qu’ils n’ont pas le niveau de formation nécessaire pour pratiquer ici. Là on vient de découvrir la configuration du terrain sur lequel se joue le jeu de la patate chaude. C’est le cercle vicieux.
Le Conseil remet maintenant la patate au ministre de la santé. En la recevant le ministre peu importe lequel, de n’importe quel parti, déclare toujours la même chose, il n’a aucun pouvoir sur les Universités et le Collège des médecins qui sont des organismes indépendants. C’est vrai. Mais dans un système où les universités sont largement subventionnées et où les médecins sont presque tous payés par l’état, il me semble que le ministre devrait utiliser le pouvoir que lui donne l’argent pour les contraindre à plus d’ouverture. Malheureusement l’argent c’est aussi son talon d’Achille. Il ne le dit pas, mais au fond ça fait son affaire que les portes ne soient pas plus ouvertes aux médecins et aussi aux infirmières d’ailleurs parce qu’il n’aurait pas les moyens de les payer. Comme le ministre de la santé s’est blessé au talon de chose là, on va faire appel à un joueur suppléant en la personne du ministre de l’éducation. Dès qu’il pénètre dans le cercle de jeu et qu’il reçoit la patate des mains du ministre de la santé qui lui demande plus d’argent pour que les universités puissent former plus de médecins étrangers, il déclare qu’il n’en a pas. C’est la fin de la partie.
Voilà, c’était une partie de patate chaude dans le cercle vicieux. Si vous avez aimé le jeu, ne vous en faite pas, il y aura de nombreuses parties dans les années à venir.
Publié par : jacqueso
à 11:41:32
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